Exposition Shoot juin 2019

Exploration sur le mouvement

11 artistes exposent

Lucas Harrison Rupnik - Réalisateur, scénariste, directeur photo et photographe portraitiste

Jean-François Lemire - Photographe et assistant vidéo

Alexandre Couture - Assistant vidéo

Emily Velasquez-Gilbert - Assistante vidéo

Susannah Mercedes Rupnik - Maquilleuse/coiffeuse

Marie Chinda Sok - Maquilleuse/coiffeuse

Justine Denoncourt-Bélanger - Maquilleuse/coiffeuse

Karima Vezina - Maquilleuse/coiffeuse

Comédien(ne)s : Normand D’amour, Mylène St-Sauveur, Rebecca Vachon, Benoit McGinnis, Emmanuel Schwartz, Carla Turcotte, Patrice Bélanger, Sophie Desmarais.

Inspiration : The New York Times, Hollywood Issue “14 actors acting”

Merci à Jeanne Cournoyer et Audrey Rose Maréchal pour leur contribution sur les essais techniques et à Rébecca Déraspe pour les mots dans le silence.

Pierre Manning - Photographe et directeur artistique

Randy Smith - Styliste et directeur artistique

Gérald Bélanger - Maquilleur/coiffeur

Celica makeup - Maquilleuse/coiffeuse

Axel Palomares - Assistant photo

Jacques Palomares - Assistant photo

Marie-Claude Lépine - Retoucheuse et Giff

Marikym Hervieux, Humankind MGMT - Booker

Alice Trudeau - Coordination

Wikipédia - Texte

Modèles :

Isabelle - Humankind MGMT

Audrey - Humankind MGMT

Max - Humankind MGMT

Manema - Humankind MGMT

Martin Girard - Photographe

Kristel Ngarlem - Modèle

Emily Vélasquez-Gilbert - Assistante photo

Leana Paparella - Assistante photo

Marie-Claude Lépine - Retoucheuse

Audrée Desnoyers - Curateur expo

Jean-François Gratton - Curateur expo

Alice Trudeau - Coordonnatrice

Sophie Jutras - Impressions et R&D (Point d’impression numérique)

Patrick Duguay - Impressions et R&D (Point d’impression numérique)

JF Gratton - Réalisateur et directeur photo

Mylène St-Sauveur - Comédienne

Martin Girard - Assistant caméra

Ben Fry - Monteur de la séquence Mylène St-Sauveur

Jacques-Lee Pelletier - Maquilleur/coiffeur

Emily Velasquez-Gilbert - Assistante vidéo

Alice Trudeau - Coordonnatrice

Merci spécial à Nadine Trudeau pour son aide au montage.

Richmond Lam - Réalisateur, scénariste et directeur artistique

Alex Seltzer - Directeur photo et montage

Catherine Dumas - Assistante photo

Pierre Guerineau (9 99 Studio) - Musique

Alice Trudeau - Coordonnatrice

Sujets : Luke Spicer, Richard Kerr, Michael Martini, Saskya Pauzé-Bégin, Marie-Hélène Chagnon St-Jean, Anne Bertrand, Jenni Stablein, Yang Shi, Gita Seaton, Emily Gan et Christian Robert De Massy

Je suis donc montée dans un avion pour Luanda le 2 juillet, le coeur en berne.

Et après les premières semaines quelque peu difficiles où j’ai été arrêtée au marché de Kikolo pour avoir photographié un mur bleu qui faisait parallèlement usage de gendarmerie. Après avoir été baladé de commissariats en commissariats avec huit hommes armés de Kalashnikovs, qui préféraient le confort de ma voiture aux banquettes défoncées des transports en commun, et ho ! comble de douleur, un gendarme qui m’a forcé à ouvrir le boîtier de ma caméra argentique, cherchant un fugitif fichier numérique qu’il aurait pu effacer. Sans mentionner le succès mitigé de mes quelques tentatives pour apprendre le Portugais. Dieu merci, il arrive toujours un moment où la fatalité, inhérente à la loi des séries, trouve sa conclusion.

Luanda n’est pas fille facile, mais si l’abord est retors une fois qu’elle s’ouvre à vous, on ne peut être que happée. Au début, par la lumière et la densité des ombres, ensuite par le rythme. Luanda a une pulsation unique, bourrée de traumatismes : crise coloniale, guerre civile, communisme, capitalisme sauvage, crise économique, un peu comme un militaire sous “PTSD” qui se « shoot à l’ecstasy ». Cette ville m’a déboussolée et rendue fragile. Le travail réalisé là-bas, je l’ai effectué sur une mince ligne de tension et d’inconfort. J’ai compté les jours jusqu’à mon départ et à l’aéroport le jour J, je pleurais, car je ne voulais plus partir. Cette ville m’a laissé une telle gueule de bois et cette série en est un peu la réflexion.

Luanda vous porte vers les excès et sa séduction acharnée se fait à grands coups de couleurs saturées. On disait au Moyen Âge, que le couvre-chef sert à élever l’âme vers les cieux. Si c’est le cas, les âmes des Angolaises doivent rayonner au firmament. Les Zungueiras, vendeuses ambulantes qui vont de marchés en marchés en portant l’univers sur leurs têtes sont vite devenues mes muses.

La Bella de Luanda est une recherche esthétique et qui frôle peut-être l’exotisme ? Sûrement plus à propos de moi et mon envie d’entrevoir le monde après trois années passées dans les corridors gris de Paris. Ce travail, m’amène par son esthétique à questionner mon propre regard et le principe même de l’exotisme.

Est-ce un privilège Occidental ? Des grandes conquêtes à l’époque coloniale et plus récemment par le tourisme de masse ? Si l’histoire avait pris le chemin inverse et si l’Occident avait été colonisé par l’Afrique, que serait alors l’exotisme ? Est-ce que les albums de familles des Africains (descendants des colons) seraient remplies d’images “exotiques” de petits français sur le bord de la Seine ou sur les rives de la Mer du Nord ? Les trésors du Louvre disséminés entre Cotonou, Libreville et Pointe-Noire ? Les femmes blanches, pour être à l’image de leurs actrices favorites, porteraient-elles des perruques Afro, ce qui ferait pulluler en Occident les usines de cheveux synthétiques ? Et du coup, les Anglaises dans leur fourrures synthétiques peupleraient l’imaginaire érotique ? La Vénus Hottentote aurait été une Hollandaise exhibée pour sa peau blanche et son fessier plat ? L’histoire a pris un autre cours et notre façon de voir le monde semble y être intiment lié.

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