daphné b

poète

Depuis les philosophes antiques, les images éveillent nos soupçons. Mensongères, elles nous détourneraient du réel, qu’elles ne feraient que répliquer. Les photos suscitent aussi notre méfiance, et plus particulièrement, les portraits. Photoshoppés, retouchés, facetunés, les visages ne se donnent à lire qu’après un makeover complet. Et pourtant, c’est dans le visage de l’autre qu’on croit pouvoir accéder à ce qu’il·elle est vraiment ; dans ses yeux, sa bouche et tous ses organes qui signalent l'intériorité. Même s’il est vrai que la photographie est un art qui manipule le réel, il ne faut pas oublier que la mise en scène de soi fait partie du quotidien. Que ce soit avec les mots qu’on utilise ou les vêtements que l’on porte, on joue continuellement avec les images. Ni vraies ni fausses, elles ne s’opposent pas au réel ; elles en font partie. Si on a peur d’elles, c’est peut-être qu’elles menacent nos certitudes et nous font douter de notre perception des choses. Un portrait n’est pas juste une affirmation : « C’est moi. » C’est aussi et surtout une question qui s’adresse à l’autre : « Qui suis-je? » Et même : « Qui sommes-nous? » Daphné B

crédits

  • mua : anissa zabala
  • assistant : david binette
  • retouche : pascal ferraris - shoot studio

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